Faubert Bolivar/poésie

Une pierre est tombée, un homme est passé par là

Par Madinin’Art

Fort-de-France, 8 décembre 2016

 

Une pierre est tombée, un homme est passé par là

Poésie

Faubert Bolivar

C3 éditions

Haïti

 

 

Moi, bête, ma bouche est une hanche

Cassée, elle me porte et me donne ma

démarche d’animal pluriel

Je boite, j’ondule, je file à travers bois

Le jour, la nuit, j’étoile

Tantôt phoque pour ma fourrure d’ombre

Tantôt boeuf pour mon père mort

Tantôt chat pour mon peuple au hasard

 

Interpelant l’histoire et la mythologie, un dit d’amour structuré comme le jeu des osselets (dos / creux / i / s) le poème de Faubert Bolivar assume une dimension expérimentale. Il est tendre et sauvage. La porte, comme figure de l’arrêt, de la distance, y tient une place capitale.

Elle est toujours à abattre, à ouvrir. Un dit d’amour qui cogne aux portes avec suffisamment de force pour les ébranler.

Né à Port-au-Prince en 1979, Faubert Bolivar a fait des études de philosophie à l’École normale supérieure de son pays et à l’Université Paris VIII. Poète, dramaturge et essayiste, il a publié dans divers ouvrages collectifs et revues à travers le monde francophone. Il est, dès 1996, l’un des récipiendaires du Prix Jacques Stephen Alexis pour sa nouvelle « Faux-lit ». Fin 2013, il reçoit, entre autres, le Prix Marius Gottin d’ETC-Caraïbe pour sa troisième pièce en langue créole, « Mon ami Pyero ». Il vit en Martinique où il enseigne la philosophie et anime, avec des ami(e) s, les soirées mensuelles des Rencontres pour le lendemain.