Filmographie : Jacques Stéphen Alexis, par Arnold Antonin


Grande première du film « Jacques Stephen Alexis, mort sans sépulture »

[NDLR – Message d’Arnold Antonin  sur Facebook : « Première [de] « Jacques Stéphen Alexis mort sans sépulture » — à Karibe Hotel. Nous remercions infiniment le nombreux public qui s'était déplacé pour l'occasion. Grâce à vous nous avons pu réaliser cette grande première ce 14 janvier [2016] avec la présence de plus 1400 personnes. Nous regrettons beaucoup que certains qui avaient fait le déplacement n’aient pas pu entrer dans la salle. »
Lien pour accéder à la bande-annonce du film : 
https://www.youtube.com/watch?v=w3lS0redaqQ&feature=youtu.be]


Haïti - Cinéma 

Certitudes et mystère autour de la mort

de Jacques Stephen Alexis

Par Gotson Pierre 

Port-au-Prince, jeudi 14 janvier 2016

 

Texte reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

 

P-au-P., 14 janv. 2016 [AlterPresse] --- Le cinéaste Arnold Antonin fait revivre le célèbre écrivain et homme politique haïtien Jacques Stephen Alexis, dont la disparition, en avril 1961, durant la dictature de François Duvalier, demeure un mystère. 

À gauche, le cinéaste Arnold Antonin

« Jacques Stephen Alexis, mort sans sépulture » est le titre du film qui sort cette semaine à Port-au-Prince, et qui rassemble des témoignages en Haïti et à l’étranger sur la vie, l’œuvre et le militantisme de l’écrivain.

Né aux Gonaives (Nord), Jacques Stéphen Alexis, est l’auteur de 3 romans, « Compère général soleil » (1955), « Les Arbres musiciens » (1957), « L’Espace d’un cillement » (1959) et d’un recueil de contes et nouvelles, « Romancero aux étoiles » (1960), parus chez Gallimard à Paris, et qui ont connu un immense succès. Ils sont devenus des classiques de la littérature haïtienne. Alexis est mort en avril 1961 en Haïti dans des conditions difficiles à préciser et sur lesquelles le film de 90 minutes n’a pu amener que des versions qui nourrissent quelque peu la légende de cette figure imposante du 20e siècle haïtien.

Que de versions du retour clandestin d’exil et de la capture de Jacques Stephen Alexis ! Est-il mort à Fort Dimanche, la lugubre prison des Duvalier, aux Casernes Dessalines ou au Môle St Nicolas (Nord-ouest), où, selon des témoignages, il a débarqué ? A-t-il été fusillé ?

Ce qui est certain, c’est qu’il a été capturé et porté disparu le 21 avril 1961, à la veille de ses 40 ans, précise le documentaire.

À travers ce long métrage, tourné, entre autres, en Haïti, aux Etats-Unis, en France, à Cuba et au Canada, Antonin part sur les traces d’Alexis et à la recherche de tous les témoins encore vivants.

L’admiration d’Antonin pour ce grand écrivain transpire tout au long du documentaire, construit avec beaucoup de délicatesse. Des voix et des images, parfois d’époque, portent bien le personnage.

Son roman « L’espace d’un cillement » apparaît comme son livre majeur, selon l’opinion de plusieurs intervenants, dont sa fille Florence Alexis. C’est « un livre-pivot », souligne-t-elle. 

Considéré comme une des références phares du « réalisme merveilleux » dans la Caraïbe, Alexis définissait le merveilleux comme « l’imagerie dans laquelle un peuple enveloppe son expérience ».

Son compagnon de combat avec qui il a polémiqué par la suite, l’écrivain René Depestre, salue l’universalité d’Alexis, qui avait « su rendre fécondes ses contradictions ». « J’ai jamais perdu de vue Alexis », confie-t-il.

L’écrivain Dany Laferrière relève le « style flamboyant » d’Alexis, qui ne saurait laisser indifférents des auteurs comme Rodney Saint Eloi, Lionel Trouillot, Garry Victor, Yanick Lahens et Jean Metellus.

Une note discordante, toutefois, de l’intellectuel et ancien président Leslie Manigat : « Si Jacques Stephen Alexis n’avait pas des anecdotes à raconter, la moitié du personnage serait vidé de sa substance », tranche-t-il. Pour l’écrivain et critique français Yves Chemla, Jacques Stephen Alexis est « un homme d’héritage et de rupture ».

L’aspect politique de l’action de Jacques Stephen Alexis est également bien documenté dans le film d’Antonin, qui fait appel à plusieurs anciens compagnons de l’homme politique, dont le dramaturge Rassoul Labuchin, l’écrivain et photographe Gérald Bloncourt et René Depestre.

Avec ces deux derniers, Alexis a été au cœur du mouvement appelé « la révolution de janvier 1946 », durant laquelle la mobilisation des jeunes aboutit à la chute du président Elie Lescot. Il fondera en 1959 le Parti d’entente populaire, qui s’inscrit dans la mouvance communiste, et publiera clandestinement le manifeste du parti. Le communisme, qu’il prône alors, tient compte « des particularités culturelles d’Haïti », précise Labuchin.

Dans son analyse, Alexis caractérise Haïti comme un pays semi féodal et semi colonial où « le pouvoir personnel s’exerce traditionnellement sans aucun contrepoids ». « Les individus, poursuit-il, ont beaucoup plus tendance à s’attacher à des sauveurs qu’à des idées politiques précises et à la lutte de masses structurellement organisée ».

Le film revient sur son périple, en 1961, dans le bloc de l’Est, particulièrement à Moscou et à Pékin. On voit sa rencontre avec Mao Tsetong. Il participe au congrès des partis communistes de plus de 80 pays à Moscou. Rassoul Labuchin se souvient de sa plaidoirie en faveur de la résolution des rivalités entre la Chine et l’Union Soviétique, qui affectent les mouvements de gauche en Amérique Latine et dans la Caraïbe. 

Le documentaire d’Arnold Antonin nous apprend aussi des choses simples sur la vie d’Alexis. Il aimait coudre, faire la cuisine, était grand joueur d’échec et adorait les fleurs.

Parmi les autres personnalités qui interviennent dans le documentaire, figurent le professeur Guy Dallemand, l’éditeur Dieudonné Fardin, l’écrivain Pierre-Richard Narcisse, les historiens Suzy Castor, Bernard Diederich et Michel Hector ainsi que l’ancien dirigeant communiste Max Bourjolly.

Avec ce film, Arnold Antonin poursuit sans relâche son oeuvre de mémoire, indispensable pour le progrès d’Haiti.

 

Source : AlterPresse




Quand la magie du cinéma

fait revivre Jacques Stephen Alexis

Par Roody Édmé*

Port-au-Prince, mercredi 20 janvier 2016

 

Spécial pour AlterPresse

 

Ressuscite-moi

Ne serait-ce parce que je suis poète

Et que je t’ai attendu

Ressuscite-moi

Je veux vivre mon compte de vie.

(Maïakovski)

 

Le jeudi 14 janvier dernier a eu lieu la projection du dernier documentaire d’Arnold Antonin : « Jacques S Alexis, mort sans sépulture ». La salle du Karibe au Juvenat bruissait d’un monde impatient de voir et surtout de comprendre la destinée de ce brillant écrivain qui comme le manuel, figure christique et personnage célèbre, des Gouverneurs de la Rosée de Jacques Roumain est mort assassiné.

On a voulu présenter l’histoire comme si Jacques S Alexis était mort au combat, succombant à ses blessures, pour reprendre la nécrologie officielle en pareil cas. Arnold Antonin et son équipe ont voulu mener l’enquête.

Ils ne sont pas parvenus à éclaircir le mystère de la mort du semeur de rêves qu’était Jacques Soleil, mais ils ont passé en revue toutes les thèses, autour de la disparition tragique de cette figure de proue de l’intelligentsia et de la politique en Haïti, en ces années de feu sacré où, de jeunes militants voulaient faire flamboyer l’avenir.

Mais plus qu’une remontée des cendres, Arnold a cherché à honorer une vieille dette qu’il s’était faite depuis cinq ans. Mais en lui parlant, on comprend que ce désir de soulever un pan d’une histoire à la fois épique dans le parcours de l’homme et ténébreuse dans sa chute devenait pour lui une urgence qui remonte à bien plus longtemps. 

Une telle entreprise n’est nullement aisée dans un pays où on s’était accoutumé à se parler par signes, puis comme sorti d’un geyser, la parole s’est libérée en un délire babélien pour tenter de conjurer l’irrationnel. 

Caméra en bandoulière, le cinéaste a repris le chemin sanglant qui conduisit à la perte du célèbre romancier. Il abouti au Môle sur les rivages du « débarquement ». Il immortalisa sur sa pellicule les ruines de la triste caserne qui enveloppa de son ombre le fameux prisonnier et ses compagnons.

Le documentaire donne la parole aux contemporains de l’auteur de l’espace d’un cillement, ses camarades du jeune parti d’entente populaire qui rêvaient avec lui du grand soir où la révolution généreuse, non pas celle mesquine et totalitaire qui s’est installée aux confins de la guerre froide, mais celle qui célèbrerait « la belle amour humaine ».

Il était persuadé à l’instar de Maïakovski que derrière « les montagnes de peine, la multiplication sédimentée des révolutions, il y avait un véritable paradis terrestre, la seule solution à toutes les contradictions ».

Aucun détail n’est laissé au hasard : des écrivains de générations différentes ont parlé du romancier, de la modernité de son style, mais aussi des quelques pesanteurs du discours politique qui plombent certains chapitres d’une œuvre somme toute somptueuse. Des professeurs de lettres et critiques littéraires aussi ont glosé sur le réalisme merveilleux. Tout se passe comme si le cinéaste voulait en plus du parcours-témoin de « l’itine-errance » de Jacques Alexis, le camarade des prolétaires du monde entier, laissé à la postérité, un formidable outil pédagogique comme s’il était à la recherche du temps enfoui sous la dictature.

La démarche ne s’est pas arrêtée à l’évocation de l’homme politique ou de l’écrivain, deux de ses anciennes compagnes Mesdames Roumer et Hudicourt ont aussi évoqué l’ami, l’amant, l’homme qui aimait les femmes avec une rare élégance.

René Depestre a aussi parlé de ses affinités, de ses différences avec l’idéologue et l’homme de lettres avec qui il a parfois polémiqué, un peu comme l’ont fait Sartre et Camus dans la France de l’après-guerre.

Ses enfants, Florence et Jn Jacques ont aussi accepté de parler à la caméra d’Arnold nous livrant par ainsi des données inédites sur la personnalité de leur père trop tôt disparu. On notera au passage les prises de vues troublantes sur le petit fils de Jacques S. Alexis qui est comme une « réincarnation » de son feu grand père. 

Le film jette une lumière crue sur une période dure mais combien bouillonnante de vie intellectuelle et de résistance qui voulaient inventer l’avenir et faire sauter la boue des sous-sols.

La dictature n’a pas été renvoyée hors champ, sa présence lourde et menaçante revenait dans tous les témoignages.

Le public en visionnant le film a bien compris que Jacques S Alexis correspondait bien à l’idée de Gramsci, l’intellectuel organique qui refusait de se couper de la sève de son peuple. Cependant, Alexis avait aussi déjà en vue, tout en pourfendant, sabre au clair, les partisans d’un quotidien médiocre l’esquisse d’une unité historique de peuple si cher au professeur Marcel Gilbert qui n’excluait nullement les « bourgeois nationaux ».

Arnold Antonin s’est entouré pour s’attaquer à une telle œuvre des meilleurs écrivains de notre littérature, des talentueux musiciens du groupe Boukman expérience, de Réginald Lubin. […]

J’avais craint une dramatisation outrancière, des maladresses dans le désir de vouloir tout montrer. Aucune de mes appréhensions ne furent justifiées. Il reste un brin de frustration quand par moments la caméra coupe une intervention pour enclencher sur une une autre sans pour autant heureusement briser le discours d’ensemble.

Une initiative on ne peut plus heureuse qui interpelle les pouvoirs publics et le secteur privé des affaires sur la mise en place d’un Institut National des Archives de l’audio visuel.

*Éducateur, éditorialiste

 

Source : AlterPresse


Jacques Stéphen Alexis, notre contemporain

(Autour du film Mort sans sépulture d’Arnold Antonin)

Par Laënnec Hurbon

Port-au-Prince, février 2016

 

Voici, portée à l’écran par Arnold Antonin, la vie d’un intellectuel haïtien atypique, Jacques Stéphen Alexis. Il est passionné  à la fois de littérature, de vie décente et porteuse de lumière pour tous, et de  politique faite d’humanité et de justice. Il fait partie de la génération de 1946 (avec René Depestre, Gérald Bloncourt, Théodore Baker…), dont le journal La Ruche relate l’action exemplaire : celle de toute une jeunesse --des lycées et collèges--,  qui a su inspirer avec hardiesse un soulèvement populaire avec le lumineux espoir de sortir Haïti de l’ère de l’occupation américaine et du joug des gouvernements despotiques. Jacques Stéphen Alexis va alors aller le plus loin possible dans ce rêve  de changement radical de la société haïtienne. À 39 ans, hélas !, il disparait broyé par la barbarie duvaliériste. Comment, où et quand ? Le remarquable film d’Arnold Antonin, Mort sans sépulture, conduit une enquête serrée sur le destin d’un nos plus grands écrivains qui s’est mis debout face à la dictature de Duvalier.  Nous disposons avec ce film de la plus inquiétante interrogation sur le tragique destin de Jacques Stéphen Alexis, et  sur la société haïtienne au regard de sa mémoire sur les crimes de cette dictature,  et peut-être même sur les exploits et sans aucun doute sur les exactions sans nom qui fondent  la  nation haïtienne  comme  communauté politique formée de citoyens libres et égaux, disposant de droits.

Ce film a  été conçu, construit et réalisé  au cours de cinq années de contacts, d’interviews, de recherches et de dialogues avec les intellectuels contemporains d’Alexis (Depestre, Bloncourt…) qui ont été ses émules, sans compter les membres  de sa famille et de son parti politique, les écrivains actuels (Rassoul Labuchin, Dany Laferrière, Yannick Lahens, Lyonel Trouillot…), et tant d’autres  qui ont approché de près Jacques Stéphen Alexis et qui ont été nourris de son œuvre littéraire ou qui ont cru en  son action politique. On se doute que pour avoir porté si longtemps avec soi ce projet, Arnold Antonin  qui a déjà réalisé plusieurs films sur des personnalités intellectuelles, politiques et artistiques, est lui aussi travaillé par le désir de changement social et politique du pays et apparait séduit par cet écrivain hors normes qui a cherché à défier la dictature duvaliériste.

Ce qui me frappe dans la vie de Jacques Stéphen Alexis, telle que le film la présente, c’est son incroyable capacité à rester ouvert  à l’espoir d’une nouvelle société juste et prospère en Haïti. Il est sous ce rapport résolument moderne et ne prône pas une vision fermée sur Haïti. Il n’a pas peur de la nouveauté et du changement. Jamais chez lui l’imaginaire n’est en berne. C’est qu’il veut être à la hauteur de l’idéal de la nation haïtienne ; il est plutôt un homme littéralement habité, qui sait qu’il doit dans sa quête ascensionnelle défier le temps. On a l’impression qu’il laisse derrière lui sa mort  et qu’il passe sa vie à courir comme pour attraper le soleil. Jacques Soleil, tel est en dernière instance son vrai nom. Il voit son œuvre au-delà du monde colonial et du monde impérialiste.

Comment séparer l’homme politique de l’écrivain ? Jacques Stéphen Alexis  semble tout entier dans l’utopie, dans l’imaginaire d’un monde qui n’existe pas encore. Il est tellement pris dans les filets  de l’imaginaire, qu’il ne croit pas qu’il a besoin de chercher les moyens de son action politique. Ces moyens lui paraissent superflus, il est si près du soleil et des étoiles. Les femmes  --mais toutes les femmes, du moins le croit-il-- sont fascinées, peut-être même ensorcelées par cet  être étrange et mystérieux. On éprouve à ce niveau un réel plaisir à suivre les séquences du film qui nous font entrer avec humour dans l’intimité de Jacques Stéphen Alexis, car il ne recule devant aucun obstacle pour réaliser ses désirs ; Andrée Roumer, sa femme, sa fille, son fils  se reconnaissent désemparés avec bonheur devant l’exubérance de Jacques Stéphen Alexis comme devant ses passions pour la science, la vie  et la politique à la fois.

On découvre qu’il refuse toute connivence avec l’esprit colonial : il rencontre  par exemple Mao Tse Toung, et il lui parle avec assurance et sans complexe. Il est à mille lieues des marécages des questions de couleur : chez lui pas de ressentiment, pas de haine de soi, pas d’appel à la vengeance, pas de culte de la violence, mais seulement un rêve fou de fraternité humaine. Mais plus il s’enfonce dans l’imaginaire du changement révolutionnaire d’Haïti, plus il sculpte une image de soi glorieuse et fantasmatique. Il va vers la révolution sans préparation comme pour s’approcher du soleil. René Dépestre --perspicace sur les rapports entre  réel et imaginaire chez Alexis-- nous apprend qu’il avait noté sur son carnet une quarantaine de titres d’ouvrages à écrire, comme si donc il n’y aurait  pas de contradiction entre ce projet d’écriture et  son débarquement dans le Nord-Ouest du pays pour tenter de lancer à la suite de Castro et Che Guevara sa guérilla révolutionnaire.

Le film d’Antonin réussit à nous restituer un Jacques Stéphen Alexis comme notre contemporain, c’est-à-dire partageant nos préoccupations actuelles, et cela à un double titre.

-       D’abord, il n’y a rien de frelaté dans sa vie, en dépit de son échec politique prévisible. Il est en accord avec son utopie, il vit sans complexe son désir d’être à la hauteur de l’idéal fondateur d’Haïti comme société de citoyens libres et égaux, de portée universelle. Et c’est aujourd’hui notre problème : sortir du bluff, du faux, de l’apparence et du mimétisme intellectuel et politique. Il a su produire une œuvre littéraire bien construite et exemplaire. Le réalisme merveilleux dont il établit les bases théoriques au Congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne en 1956 nous incite à choisir la voie de la créativité  continue et  à ne pas nous accrocher à nos traditions culturelles et politiques sans esprit critique.

-       Mort sans sépulture de Jacques Stéphen Alexis ? L’énigme reste entière. Et le film maintient le suspense, comme pour nous ramener en même temps au réel des milliers de morts sans sépulture à Fort Dimanche, au Pénitencier national et dans les prisons privées de la dictature duvaliériste, dont la mémoire avait été recouverte du linceul de l’oubli. En s’ouvrant sur le chant de Nabucco (interprété par Boukman Eksperyians) --cet opéra de Verdi sur  la nostalgie des Juifs alors en esclavage à Babylone--, le film d’Arnold Antonin rappelle nos luttes à armes inégales contre les pouvoirs despotiques. Il nous incite à espérer en l’Haïti rêvée et finalement à reprendre confiance en l’avenir.