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Romanciers haïtiens du Québec

Les fictions identitaires des romanciers haïtiens du Québec [1]


Par Józef Kwaterko

Université de Varsovie

                      Novembre 2001



Cet article est publié en octobre 2016 avec l’aimable autorisation de l’auteur.


Depuis vingt dernières années, sous l’impulsion de plus en plus forte d’écrivains immigrés, le champ littéraire au Québec semble être plus que jamais voué au décloisonnement culturel. Venus d‘ailleurs, d’origines les plus diverses, ces « immigrants littéraires » relativisent les appartenances et interrogent les identités établies. En intégrant leur parcours migratoire, leur voix singulières et une diversité de « lieux de mémoire » (réels et imaginaires) à la culture légitime du pays hôte, ils trenscendent le concept même d‘une littérature québécoise spécifiée comme « nationale », fondée sur les topiques de « quête d’identité » et les figures collectives du « pays », d’une « langue à soi » et d’unicité culturelle.


Les romanciers haïtiens participent pleinement à ces nouvelles interrogations identitaires. Leur fiction est constitutive d’un nouvel horizon sociodiscursif du roman québécois où l‘expérience migratoire (hybridation des lieux, brassage des langues et des références culturels, quête imaginaire de l‘étrangeté) se trouve inscrite au coeur même du travail textuel de nombreux écrivains dits «de souche» (Jacques Brault, Nicole Brossard, Jacques Godbout, Madelaine Monette, Monique LaRue, Pierre Nepveu, Jacques Poulin, Yolande Villemaire...)[2].

Il faut toutefois rappeller que ces écrivains haïtiens « du déhors »[3], contraints à l’exil par le régime duvaliériste, ont trouvé au Québec un ancrage important déjà à l’orée des années 1970. Dans les années 1980, ils y ont leurs canaux de diffusion (propres ou privilégiés): Éditions francophones, Nouvelle Optique, CIDHICA, la revue et collection littéraire « Collectif Paroles » ou la revue Dérives. Ils ont également une visibilité chez plusieurs éditeurs québécois comme Naaman, Leméac, Guérin et Pierre Tisseyre, dont certains publient des écrivains haïtiens éparpillés dans diverses diasporas, tels que René Dépestre (Cuba et France), Jean-Claude Charles (France et États-Unis) ou Roger Dorsinville (Canada, Afrique). Outre ces canaux ou ces « créneaux » éditoriaux, il faut observer une certaine osmose sur le plan humain et social, c‘est-à-dire des réseaux de convivialité et de solidarité ainsi que des complicités politiques et militantistes qui se sont constituées, par exemple, entre les membres du mouvement Haïti littéraire qui ont trouvé asile au Québec (Gérard Étienne, Serge Legagneur, Roland Morisseau, Anthony Phelps et Émile Ollivier) et les écrivains de la Révolution tranquille québécoise (comme Paul Chamberland, Gaston Miron, Gilbert Langevin, Gilles Bourque et Jean-Marc Piotte)[4].

Si ces interactions sont tangibles et durables, ils ne doivent pas pour autant occulter la question de la reconnaissance par le système littéraire. Certaines recherches ont pu démontrer que, tout en s‘imposant comme un « micro-corpus » visible, les écrivains d’origine haïtienne rencontrent, dès leur émergence, des difficultés à être pleinement « naturalisés » par les instances de consécration (la critique) et de légitimation (le système d‘enseignement)[5]. Certes, à partir de la fin des années 1980, l‘intérêt pour pour ces « passeurs culturels » (et, en particlier, pour des écrivains d‘origine haïtiennne) deviendra une préoccupation explicite d‘une critique qui verra dans leur apport des signes palpables de la mutation du paysage identiaire du Québec. Cependant, en même temps, ces auteurs se verront assignés soit à une identité à trait d’union – celle d’écrivains « haïtiens-québécois » ou « Néo-Québecois » –, soit cantonnés dans un sous-groupe d’« écrivains migrants ». Ces termes de classement, forgés par une insitution littéraire qui fétichise à brûle-pourpoint toute manifestation d’ « imaginaire métis », signalent une démarcation et un enfermement dans un particularisme sociologique et ethnique. Il n’est pas étonnant que certains écrivains haïtiens se sentent piégés. Athony Phelps, qui publie au Québec depuis 1965, s’interroge avec à-propos devant cette étiquette restrictive : « Allons-nous reproduire, au Québec, dans le domaine de la création littéraire, cette dichotomie canadienne et créer deux solitudes : l’écriture pure laine et l’autre : migrante ? »[6]. Et, Émile Ollivier,

installé au Québec depuis des années 1960, ne cache pas non plus son malaise face à la même réduction :

On ne naît pas écrivain-migrant, on le devient. [...] À vrai dire, j’éprouve quelque irritation devant l’épithète d’écrivain-migrant puisque je me sens enfermé dans un piège, le ghetto, alors que je fais tout pour m’en évader. Je me sens avec cet épithète réduit à ma sigularité d’immigrant, cantonné dans une condition minoritaire qui fait ainsi de moi un être unidimensionnel, mutilé d’une large ouverture sur le monde, un être amputé qui devrait se contenter – à chaque singe sa branche – de l’espace qui lui est assigné. Les territoires de l’écrivain-migrant, comme pour tout écrivain, sont ceux de l’imaginaire, des formes et des mots qui fondent le sens ou perdent sens, de l’ordinaire de la condition humaine, de ses violences, de ses échecs, de ses rêves et de ses aspirations. [...] Ce que je questionne ici, c’est la posture identitaire qui nous cantonne dans le « Même »[7].

 

Toutefois, aussitôt que l‘on s’écarte de ce dénominateur commun ethnocentrique pour observer l’écriture migrante (ou « migration de l’écriture ») comme enjeux esthétique, soit un rapport au monde figuré et problématisé par la fiction[8], on verra que le récit diasporique haïtien est loin d’être soumis aux pressions institutionnelles. En effet, l’écrivain en diaspora ne cherche ni à séduire par l’exotisme pour se distinguer ni à se plier aux normes consacrées par le discours littéraire du pays d’accueil pour se sentir un « pure laine » et bénéficier d’une audiance accélérée. Afin de participer au procès de légitimation, il est plutôt voué à innover de l‘intérieur, à élaborer des poétiques plus ou moins « irrégulières », à entretisser, à l‘intérieur des représentations identitaires stabilisées dans le discours social « autre », des « fictions identitaires » susceptibles d‘inscrire sa singularité esthétique[9].

 

Une esthétique de la rupture

Sous ce rapport, une ambiguïté caractérise les configurations identitaires dans les romans des auteurs haïtiens de la première vague de l‘immigration par rapport à l‘horizon idéologique des nombreux romans québécois des années 1960-1980, fortement marqués par la problématique de la précarité de l‘existence collective. En général, on peut parler d‘une sensible convergence entre les corpus, tous deux travaillés, sur le plan thématique global, par les problèmes de la fragilisation identitaire et de la déprise historique. Comme l‘observe Pierre Nepveu à l‘endroit de l‘ensemble des littératures migrantes au Québec, cette similitude « tient au fait que l‘imaginaire québécois lui-même s‘est largement défini, depuis les années soixante, sous le signe de l‘exil (psychique, fictif), du manque, du pays absent ou inachevé et, du milieu même de cette négativité, s‘est constitué en un imaginaire migrant, pluriel, souvent cosmopolite »[10]. À cela on doit ajouter une pulsion similaire à la fragmentation de la représentation, au récit éclaté, à l‘enchâssement des voix multiples, au monologue intérieur, à tous ces dispositifs énonciatifs brisés qui creusent le sentiment de l‘aliénation et du déracinement.

Une différence demeure cependant quant à la figuration du pays comme espace identitaire. Chez les romanciers québécois des années 1960 et 1970, le récit reste souvent hanté par le motif de la « quête du pays » et par le désir (le plus souvent impossible) de ressaisissement identitaire, individuel et/ou collectif, à même ces distorsions narratives. Par les signes de la négativité historique, de la « fatigue culturelle » (Hubert Aquin), du « pays incertain » (Jacques Ferron), de la folie (Jacques Godbout), de la dépossession et de la corruption (Réjean Ducharme), parvient tout de même encore à se raconter une quête de l‘Histoire ainsi que des mythes de la fondation (la Nouvelle-France, les révoltes antibritanniques au XIXe siècle) ou de la plénitude (du Livre québécois, comme chez Victor-Lévy Beaulieu). Dès lors, l‘aliénation devient un trait identitaire majeur qui donne une prise imaginaire sur le réel dégradé. En ce sens, l‘exil, représenté sur un mode utopique, pathétique ou ironique, grotesque ou phantasmatique, proféré sur fond de ces « monologues de l‘aliénation délirante » dont parle Gaston Miron dans L’homme rapaillé (1970), possède chez le romancier québécois une valeur cathartique: celle de la fondation du nouveau lien social et d‘une modernité littéraire. Si bien que par le discours du manque, avec ses topoï de l‘histoire absente ou inachevée, le roman québécois se réfère à un vouloir-dire historique, au grand texte de la doxa québécoise des années 1960 et 1970.

Chez les romanciers haïtiens qui publient au Québec durant la même période, cette téléologie discursive est beaucoup moins prégnante. Si l‘exil est mental, il est avant tout réel, viscéral, éprouvé physiquement. La douleur du bannissement, repère fondamental de l‘oppression vécue, empêche la recomposition identitaire au sens d‘un acte d‘anamnèse qui permettrait au migrant de s‘adapter aux conditions du présent. Incurable, le mal interdit toute délivrance et demeure irréductbible à une narration nostalgique ou compensatoire; la mémoire du pays à la fois meurtri et brutal est encore trop vive. En conflit avec la terre-mère qui l‘a chassé, l‘écrivain haïtien va plutôt exacerber la rupture, dénoncer la violence de l‘oppression à travers des récits politiquement engagés, « interventionnistes », où se chevauchent fiction et témoignage.

On voit bien l‘impossibilité de ce deuil dans Le nègre crucifié (écrit en 1970-1971) de Gérard Étienne, où l‘écrivain-narrateur se dédouble et «déparle » à travers son personnage, projeté
dans l‘univers concentrationnaire de Port-au-Prince. Dès les premières lignes, les références topiques très précises s‘associent sur un mode halluciné aux sévices la dictature :

Port-au-Prince se réveille avec les coups de clairon de la prison du Centre. La pluie tombe. En haut des mornes de l‘Hôpital, un tonnerre annonce la fusillade des Rebelles arrêtés dans le Sud. Moi, je suis cloué au Carrefour du Cimetière, exactement à l‘angle des rues Monseigneur Guilloux et Alerte.

Dans un petit moment, les sansvergognes du Président me feront marcher sur la tête et manger un baril de mille-pattes. Pour sauver ma dignité de Révolutionnaire et montrer mon courage, j‘aurai pété et craché, craché et pété sur le Ministre de la Défense, les Colonels aux dents pourries, les marchands de toile du Bord de Mer, le drapeau rouge et noir de René, le raciste. J‘aurai grafigné la figure de Madame Célie Deslandes, le médium du Chef. Ensuite, on m‘aura crucifié devant un peuple de morfrézés[11].


Il faut noter que chez plusieurs romanciers québécois (Hubert Aquin, Jacques Ferron, Roch Carrier) le même motif de la vengeance sacrificielle s‘écrit sur un mode lyrico-épique, onirique ou carnavalesque, et remonte le plus souvent à une blessure originelle (la Conquête britannique, L‘échec des Patriotes en 1838, le Rapport de Lord Durham de 1840)[12]. Chez les romanciers haïtiens du Québec, au contraire, il est rarement prétexte au retour sur un passé mythique. L‘historicité ancienne (la mémoire des racines africaines, de la déportation et du passé esclavagiste) ayant été figée en Haïti en une idéologie de l‘État, le récit diasporique haïtien va être le plus souvent sous-tendu par le souvenir lancinant des exactions duvaliéristes.

Il est révélateur à cet égard que le « ce jour-là », différé à l’infini par le héros révolutionnare du Prochain épisode d‘Aquin, qui fait couler son geste meurtrier, « inlassablement recommencé », dans une historicité mythique (« Depuis hier, quelque part entre H. de Heutz et Toussaint Louverture, j‘immerge dans l‘eau séculaire des révolutions »[13]) trouve avec Mémoire en colin-maillard d‘Anthony Phelps son contrepoids de violence et un aboutissement imminent, cauchemardesque :

Moi. Un jour, je ferai ces gestes. Je le tuerai avec ces mains. Mes mains de Nègre pleines de doigts durs, rèches, solides comme des boudins de fer. Je l‘étranglerai.

Je franchirai le portail du Palais le portail du palais. [...] Je traverserai la grande pelouse, grimperai les marches de l‘escalier d‘honneur. À l’intérieur, je chercherai son bureau. Il sera certainement assis derrière sa table imposante, en train d‘écrire un de ses nombreux discours stupides et incohérents. Je passerai derrière lui et lui ferai un collier de chair avec mes doigts. Mes mains de Nègre se refermeront sur son cou, je serrerai avec une lenteur calculée, jusqu‘au moment où sa langue fourchue commencera à sortir de sa bouche. [...] Une fois, deux fois, cinq fois, je lui cognerai la tête contre l‘angle du bureau puis, d‘un seul coup de presse-papier, je lui fendrai le front et, prenant ce revolver qu‘il garde toujours à portée de la main, je lui en viderai le chargeur dans la bouche. Sa tête de Nègre malsain se remplira alors de terreur et de mort[14].


Rivées à la mémoire de la persécution, ces représentations de la violence chez Étienne et Phelps multiplient les figures du zombi, symbolisant les effets de la dépossession collective, en particulier celles du sorcier, du mauvais loa (du vaudou haïtien), de l‘ogre, du cannibale, qui évoquent les « tontons macoutes » ou François Duvalier lui-même (désigné dans le roman de Phelps par son prénom ou par les surnoms de « Savant Docteur » ou de « Président-à-Vie de la République »)[15]. Il faut aussi observer que dans cette série des romans de l‘exil, le Québec figure encore sur un fond aperceptif: il se profile sur l‘écriture comme lieu d‘énonciation, mais n‘est pas représenté dans ses composantes spatio-temporelles. La thématique de la cruauté et de la terreur ne peut y avoir pour objet qu‘Haïti, le plus souvent Port-au-Prince, lieu de honte et du deuil, la ville-geôle où « des nègres coupent la gorge des nègres d‘Haïti »[16] et où se situe l‘errance expiatrice.


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Source : Revue de littérature comparée, 2002/2 (n o 302)



NOTES

[1] Cet article est une version d’une communication prononcée lors du VIe Congrès de l’Association Brésilienne des Études Canadiennes („Tranculturalismes”) à Porto Alegre en novembre 2001.

[2] Pour la problématisation de cette question, voir les travaux de Pierre Nepveu, L’Écologie du réel. Mort et naissance de la littérature québécoise contemporaine, Montréal, Boréal, 1988, Simon Harel, Le voleur de parcours. Identité et cosmopolitisme dans la littérature québécoise contemporaine, Longueil, Le Préambule, 1989, Robert Berrouët-Oriol et Robert Fournier, „L’émergence des écritures migrantes et métisses au Québec”, Québec Studies, no 14, Spring/Summer 1992, pp. 7-22, Monique LaRue, L’arpenteur et le navigateur, Montréal, Fides et CÉTUQ, 1996 et Gary Klang, Je ne veux pas mourir chauve à Montréal, Montréal, Humanitas, 1999.

[3] Selon la désignation proposée par Jean Jonassaint (Le Pouvoir des mots, les maux du pouvoir. Des romanciers haïtiens de l’exil, Paris, L’Arcantière/Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 1986) en vue de distinguer  les écrvains „du dedans”, demeurés en Haïti.

[4] Il ne faut certainement pas négliger l’importance de l’impact qu’a eu la pensée révolutionnaire et anticolonialiste antillaise, celle de Frantz Fanon et d’Aimé Césaire, sur les intellectuels et les écrivains québécois de la revue Parti Pris (1963-1967) et de la revue Liberté (fondée en 1959). Sur les relations entre les écrivains haïtiens exilés et les milieux québécois, voir Éloise Brière, „Mère solitude d’Émile Ollivier: apport migratoire à la société québécoise”, International Journal of Canadian Studies/Revue internationale d’Études canadiennes, no 13, Spring/Printemps 1996, pp. 62-63 et Joël Des Rosiers, Théories caraïbes.Poétique du déracinement, Montréal, Triptyque, 1996, pp. 179-182. Pour l’analyse de la situation instututionnelle voir Jean Jonaissaint (outre l’ouvrage déjà cité), „Les productions littéraires haïtiennes en Amérique du Nord (1969-1979)”, Études littéraires, vol. 13, no 2, 1980, pp. 313-333 et „Des récits haïtiens au Québec (1937-1995). Repères pour une histoire”, Neue Romania, no 18, 1997, pp. 81-99.

[5] Cf. Robert Berrouët-Oriol et Robert Fournier, art.cit., pp.19-21 (dans leur approche institutionnelle du phénomène, ces auteurs accordent une large place à la situation des écrivains haïtiens). Faisant le bilan de la reconnaissance de cette production aux Québec jusqu’à 1995, Jean Jonaissaint, („Des récits haïtiens au Québec...”, art.cit., p. 91) parle non sans exagération de son „exclusion”. 

[6] Athony Phelps, „Variations sur deux mots. Écritures/Migrantes, Migration/Exil” dans D’autres rêves. Les écritures migrantes au Québec (s/dir. d’Anne de Vaucher Gravili), Venise, Supernova, 2000, p. 85.

[7] Émile Ollivier, Repérages, Montréal, 2001, pp. 69-71.

[8] Comme le souligne Pierre Nepveu (op.cit., pp. 233-234) : „Écriture migrante de préférence à « immigrante », ce dernier terme me paraissant un peu trop restrictif, mettant l'accent sur l'expérience et la réalité même de l'immigration, de l'arrivée au pays et de sa difficile habitation (ce que de nombreux textes racontent ou évoquent effectivement), alors que « migrante » insiste davantage sur le mouvement, la dérive, les croisement multiples que suscite l'expérience de l'exil. « Immigrante » est un mot à teneur socio-culturelle, alors que « migrante » a l'avantage de pointer déjŕ vers une pratique esthétique, dimension évidemment fondamentale pour la littérature actuelle".

[9] À ce propos voir Joëlle Viatello, „Poétiques haïtiennes-québécoises: D. Laferrière, É. Ollivier et G. Étienne” dans Pierre Laurette et Hans-George Ruprecht (éds), Poétiques et imaginaires. Francopolyphonie littéraire des Amériques, Paris, L’Harmattan, 1995, pp.349-359.

[10] Pierre Nepveu, op.cit., pp.200-201.

[11] Gérard Étienne, Le nègre crucifié, Montréal: Éditions Francophones & Nouvelle Optique, 1974, p. 11 („morfrézés” correspond à „métamorphosés” en créole haïtien).

[12] Cf. Józef Kwaterko, Le roman québécois et ses (inter)discours. Analyses sociocritiques, Québec, Nota bene, 1998, pp. 37-64.

[13] Hubert Aquin, Prochain épisode, Montréal, Le Cercle du livre de France, 1965, p. 96.

[14] Anthony Phelps, Mémoire en colin-maillard, Montréal, Nouvelle optique, 1976, pp. 128-129.

[15] Comme le remarque Léon-François Hoffmann, cette identification explicite (que l’on trouve aussi chez René Depestre, Roger Dorsinville et Jean Métellus) s’écarte de la tradition latino-américaine de la représentation du dictateur et transgresse celle de la littétrature haïtienne elle-même où celui-ci n’est jamais mis directement en cause  (voir Léon-François Hoffmann, Littérature d’Haïti, Vanves, EDICEF, 1995, pp. 196-197).

[16] Gérard Étienne, Le nègre crucifié, op.cit., p. 110.

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Robert Berrouët-Oriol,
3 nov. 2016 à 17:34