Derek Walkott

Nulle mort ne peut

Pour Derek Walcott

 

Patrick Chamoiseau

Fort-de-France, le 17 03 2017

 

Derek Walcott


Il y a tant de chênes à Atlanta qui gémissent encore

Des champs qui pleurent

Qui chantent aussi

Et qui impriment aux capsules du coton des torsions incroyables !

C’est ce mélange

C’est cette torsion

Ce plus insoutenable qui habille l’envol des belles et seules images !

Que la mer mieux qu’Histoire te soit douce

Qu’elle te fasse mémoire

Que l’archipel mieux que pays te fasse collier

Que ce qui se mélange

dans l’aquarelle et dans Shakespeare

dans les contes le théâtre et les livres

t’organise le trône d’écume

où tu viendras t’asseoir avec le mangot-vert des au-delà du jour.

Ô seul langage du sel à la paupière touchée

Ô rire dans l’amitié scellé

Que poésie ne tremble !

Que poésie ne passe !

Frère,

à beau dire à beau faire

nulle mort ne sait

quand ce qui reste 

se maille à tout ce qui célèbre qui accueille qui embrasse et qui noue.

En nous, nulle mort ne peut.

 

Source : Potomitan

 


 

Le poète et dramaturge Derek Walcott est mort

 

Le poète et dramaturge Derek Walcott, Prix Nobel de littérature en 1992, est décédé vendredi [17 mars 2017] à l’âge de 87 ans des suites d’une longue maladie à son domicile de Sainte-Lucie, la petite île des Caraïbes dont il est originaire, a indiqué à l’AFP son éditeur.

Né le 23 janvier 1930, l’auteur, qui a publié son premier recueil de poèmes à l’âge de 19 ans, a accédé à la notoriété en 1962 avec la publication de In a Green Night, qui réunissait des textes écrits entre 1948 et 1960. Il y évoquait déjà certains de ses thèmes de prédilection : les Caraïbes, leur histoire mouvementée, les traces du colonialisme et le postcolonialisme.

Il s’est ensuite montré très prolifique, publiant une vingtaine de livres de poésie et des dizaines de pièces de théâtre. Son recueil le plus connu est sans doute Omeros, publié en 1990 et librement inspiré de l’Iliade et de L’Odyssée d’Homère. [Agence France Presse]